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"Les traumatismes neuropsychiques des soldats de la Grande Guerre. L'exemple du centre neurologique de Besançon"

Une conférence présentée aux Archives départementales le vendredi 23 mars 2018 à 15h, par Laurent Tatu, enseignant-chercheur à l'UFR de médecine.


o Les psychonévroses des combattants confrontés à la violence inouïe de la Grande Guerre ont pris des expressions diverses : camptocormie, faisant inexorablement se pencher les soldats en avant; tremblements persistants interdisant toute activité; surdi-mutité détruisant le rapport au monde; états confusionnels ou amnésiques...

o D'emblée, face à ces blessés sans blessure visible, les médecins sont soupçonneux : ne serait-on pas en présence de simulateurs qui tentent de se soustraire à leur devoir patriotique ? Afin de les confondre, certains médecins n'hésitent pas à recourir, parmi d'autres "thérapies", à des traitements électriques agressifs et particulièrement douloureux, décrits par les soldats comme une véritable torture.

o Le centre neurologique de guerre de la 7e région organisé autour des hôpitaux militaires de Besançon et Salins-les-Bains a été le théâtre actif de ce type de prise en charge. Le neurologue Gustave Roussy, dans les suites de son collègue Clovis Vincent créateur du "torpillage" électrique, développe, lui aussi, une "psychothérapie faradique" particulièrement douloureuse.

o L'exploration des archives locales et nationales permet de connaître le fonctionnement de ce centre neurologique et des excès liés à ce "traitement". Gustave Roussy pratique activement la collusion médico-militaire n'hésitant pas à dénoncer comme simulateurs ces malades pourtant bien réels. La médiatisation du conseil de guerre de Besançon de janvier 1918 marque le début du déclin de ces prises en charge agressives. Jusqu'au 11 novembre 1918, Gustave Roussy, isolé à l'hôpital neurologique du fort Saint-André de Salins-les-Bains, continue cependant à développer ses théories erronées sur les névroses de guerre.



Aux Archives départementales, entrée libre et verre de l'amitié à l'issue de la conférence


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