Mentions légales | Taille des caractères |



Nouveau court-métrage linéaire : "Retour à la normale "


Soumis à un effort sans précédent pour assurer la « Reconstruction » de la France, les ouvriers souhaitent eux aussi, en cette fin des années 60, bénéficier des richesses produites. L’issue des événements de mai 68 satisfera-t-elle leurs attentes ?

o Dès les années 60, la grogne monte. Les principales revendications portent alors sur les licenciements, le chômage et l’inflation. La grève générale qui se déroule à la Rhodiacéta (Besançon) de février à mars 1967 et qui connaît un retentissement national peut, a posteriori, apparaître comme annonciatrice de l’embrasement qui aura lieu au printemps suivant. Dès cette époque, les ouvriers sont force de propositions pour lutter contre le chômage. Visible à la « Rhodia », la banderole « droit au travail pour les chômeurs, halte aux cadences effrénées », n’est-elle pas une invitation au partage du travail par la réduction de la durée de travail hebdomadaire ? En effet, n’oublions pas qu’alors, ceux qui ont du travail triment 48 heures par semaine et 6 jours sur 7 !

o  À la veille des événements de mai 68, l’action des syndicats se concentre sur la dénonciation des ordonnances sur la sécurité sociale, prises unilatéralement par le gouvernement l’été précédent. Cette réforme, vécue comme la remise en cause du système de sécurité sociale, doit faire l’objet le 15 mai 1968 d’une journée nationale organisée conjointement par la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et la Confédération générale du travail (CGT) pour en réclamer le retrait. Mais le 15 mai voit la question des ordonnances reléguée au second plan alors que s’expriment, ce jour-là, des mouvements ouvriers locaux dont les revendications sont plus ancrées dans le quotidien. L’élargissement du conflit au monde ouvrier permet toutefois de remettre en selle les directions syndicales momentanément évincées par la spontanéité des événements.

o Après 3 semaines de grève le Premier ministre Georges Pompidou accepte de discuter et convoque une réunion tripartite entre gouvernement, patronat et syndicats sur le modèle des accords de Matignon de 1936. Au terme de 48 heures de négociations, le gouvernement présente le 27 mai un protocole d’accord dits « accords de Grenelle », qui s’articulent autour de 5 points : augmentation des salaires, dont le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), paiement des jours de grève, engagements sur le droit syndical, réduction de la durée du travail hebdomadaire de 2 heures et amélioration de la couverture sociale. Le journal La Cause du Peuple, proche de la gauche prolétarienne, les considère comme des « accords de la trahison ». Il est vrai que ces derniers laissent un goût de déception et d’amertume chez les ouvriers et ne résolvent pas immédiatement la crise sociale. Bien au contraire, dès le 29 mai, l’Union des syndicats CFDT appelle à continuer la grève afin de peser sur les négociations qui doivent se dérouler non seulement par secteurs d’activité mais aussi localement.

Télécharger le tract recto/verso

De ces accords « plancher », qui ne seront jamais signés, sortira une grande inégalité des acquis selon l’état des forces en présence. Quant aux ordonnances sur la sécurité sociale, il n’en est désormais plus question ; leur abrogation n’aura pas eu lieu.

 

 Sources : Archives départementales du Doubs, 43J30 ; 85J41 ; 85J50 ; 85J60, 85J160.


 

 Retour