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Nouveau court-métrage linéaire : Un autographe de Cézanne aux Archives du Doubs


Le 8 mars 2019, Me Sylvie Schmitt, notaire honoraire, et Me Myriam Meyer, notaire à Pouilley-les-Vignes, ont remis solennellement aux Archives départementales un autographe de Cézanne conservé jusqu’alors dans leur étude. Il provient de l’ancienne étude de Lantenne-Vertière.

o L’acte aurait dû se trouver depuis longtemps aux Archives départementales, qui collectent légalement les minutes notariales de plus de 75 ans. Ce document - une procuration signée de Cézanne autorisant sa femme à accepter la succession de son propre père -, dénué d’intérêt pour l’histoire de l’art, témoigne de façon éloquente de la situation de minorité juridique qui a longtemps été celle des femmes.

o Hortense Fiquet et Paul Cézanne. Née en 1850 à Saligney, près de Dole, Hortense Fiquet n’a vécu vraisemblablement que les toutes premières années de sa vie à Lantenne-Vertière, village dont sa mère était originaire. En effet, la famille part ensuite vivre à Paris. Placée dans une institution religieuse située non loin de l’atelier de l’artiste, Hortense, qui a perdu sa mère l’année précédente, a 18 ans lorsqu’elle rencontre Paul Cézanne. Ce dernier fait alors partie du groupe des Batignolles : il fréquente le café Guerbois où des peintres, opposés à l’académisme, et Zola, son ami d’enfance, se retrouvent. Hortense devient son modèle de prédilection, parce que, dit-on, elle pose « comme une pomme »… En janvier 1872, ils ont un fils, Paul, mais sa naissance reste secrète pendant quelques années car la famille Cézanne n’admet pas qu’il vive avec un modèle. Le peintre épouse finalement Hortense en avril 1886, peu de temps avant la mort de son père, avant tout pour reconnaître et légitimer son fils. Paul et Hortense vivent alors entre Paris et la Provence.


o La succession de Claude-Antoine Fiquet, père d’Hortense. Le père d’Hortense, qui est venu passer sa retraite à Lantenne-Vertière après la guerre de 1870, partage la maison de Claude François Guignaud, retraité de la gendarmerie. Hortense, accompagnée de son fils et parfois de Paul Cézanne, vient rendre visite à son père aux beaux jours. La mémoire orale veut qu’un atelier aurait été installé pour le peintre dans la maison Guignaud.
  C.-A. Fiquet décède le 13 décembre 1888. Au printemps 1890, Hortense revient dans le Doubs pour la succession de son père. Cézanne et sa femme séjournent alors à Émagny ; d’après un témoignage, ils auraient séjourné à l’hôtel de la Gare, à l’époque Faurien.


Pour procéder à la vente des biens immobiliers que lui a laissés son père, Hortense Fiquet doit obtenir une autorisation de son mari. Une procuration est rédigée le 28 mai par un notaire de Pin-l’Émagny, Me Coeurdevey, sur l’autre rive de l’Ognon, en Haute-Saône. L’adjudication des biens (terres en labour, pré-friches et vignes situés à Lantenne et Cordiron) a lieu le 1er juin 1890 à Lantenne par Me Mabile, notaire à Lantenne-Vertière.

o Les Cézanne à Lantenne-Vertière. Dans un enregistrement effectué par l’abbé Jean Garneret avec Julie Sugny et Camille Guignaud, toutes deux de Lantenne, cette dernière affirme que Cézanne venait encore après 1900 séjourner à Lantenne dans la maison Guignaud.


 Sources :
Avec l’aimable autorisation de Chantal Duverget, auteure de l’article « Hortense Fiquet, l’épouse franc-comtoise de Paul Cézanne, in Mémoires de la Société d’émulation du Doubs, n°56, p. 279-322, 2014.
Archives départementales du Doubs : 6Fi25217/2.


 

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