es bassins constituent l'élément central des fontaines ; ils en définissent le ou les usages. Puisque c'est d'abord par son plan au sol que la fontaine s'inscrit dans l'espace villageois, le nombre, la forme et l'agencement des bassins reflètent aussi le talent des architectes. Du simple plan allongé, où les bassins sont alignés dans l'axe du jet ou du puisoir, au plan groupé complexe, en forme de rectangle, de carré, d'octogone, de cercle ou d'arc de cercle, la multiplication des solutions au XIXe siècle répond ainsi à la fois à la différenciation croissante des usages (portée par le développement de l'hygiène) et à une volonté esthétique communale.

La commune de Le Bizot entreprend la reconstruction d'une fontaine pour le bas du village en 1868. C'est l'occasion de remplacer un édifice simple voire rustique, constitué d'une simple auge en pierre et d'une pile de jet en forme de colonne, par une fontaine complexe au plan original.

Le cheminement de l'eau dans les différents bassins est une contrainte dont aucun plan ne peut s'affranchir : la fontaine de Le Bizot en fournit un exemple tout à fait clair. Le précieux liquide doit être encore pur dans l'abreuvoir et dans le rinçoir à légume, qui sont donc ici tous deux alimentés simultanément par la même pile de jet, puis il se déverse dans le lavoir et le rinçoir, destinés aux lavandières (pour laver puis rincer le linge). Le plan adopté, très resserré, est conforme au choix déjà fait en 1853 par la commune pour la reconstruction de la fontaine du haut du village : articulation esthétique entre plusieurs bassins rectangulaires et un bassin d'abreuvoir en arc-de-cercle, pile de jet multiple et simplement ornée.