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ans la vallée de la Loue, au XIXe siècle, de nombreuses tanneries s'installent à Ornans et à Mouthier. L'eau y est employée comme source d'énergie et comme matière première. Ainsi en 1822, Jean-Claude Fauconnet, « fabricant de cuirs et marchand tanneur », projette l'installation d'un moulin pour piler les écorces, dit moulin à tan, sur la rive droite de la Loue. L'originalité de sa demande tient au fait qu'il se propose de bâtir un moulin sans « digue, chaussée ni écluse, de sorte que les eaux de la rivière ne seront point détournées et les propriétaires riverains ne pourront élever aucune plainte puisque les eaux suivront toujours leur cours naturel ». Ce nouveau système vient en effet d'être inventé et mis en œuvre à Ornans en 1819 par un charpentier mécanicien, Aimé-Célestin Pouguet. Il permet de déplacer la roue en fonction du niveau de la rivière. On parle alors de roue pendante ou roue à hauteur variable.
Ce système est particulièrement bien adapté aux brusques changements de niveau de la Loue. Tout au long du XIXe siècle, de nombreux établissements hydrauliques sont équipés de ce type de roue, d'Ornans à Mouthier.
À Mouthier, l'arbre de la roue, formé de deux poutres, traverse le bâtiment et se prolonge au-dessus de la rivière. Il forme le point d'appui d'un châssis renfermant la roue et entièrement suspendu au-dessus du courant. Un premier balancier est soutenu vers l'extrémité par une chaîne qui s'enroule sur un treuil ; un balancier identique au premier est établi à l'intérieur du bâtiment. L'arbre de la roue repose au milieu de ces deux balanciers.
Si le bâtiment de cette tannerie existe toujours, la roue, toutefois, a disparu. |
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