la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, de nombreuses verreries sont créées en Franche-Comté par des verriers d'origine suisse ou germanique. Grosses consommatrices de bois, elles sont situées pour la plupart dans des lieux isolés et couverts de forêts, les verriers, contrairement aux maîtres de forges, préférant, pour une question de coût, disposer de coupes de bois sur place. Certaines verreries sont installées en bordure de rivière, non seulement pour le flottage du bois servant au chauffage des fours et à la confection de la cendre, mais aussi pour le lavage des sables, le refroidissement des moules et des outils en contact avec le verre en fusion, le broyage des argiles utilisés pour confectionner les fours, etc.

Sur les rives du Doubs, à la limite de la frontière suisse, dans des secteurs difficilement accessibles, les verreries fonctionnent grâce aux coupes de bois exploitées d'un côté comme de l'autre de la rivière.

La position de la frontière, située sur la rive droite de la rivière, et la concentration des différentes verreries engendrent de fréquentes querelles sur l'approvisionnement en bois avec les autorités suisses ou entre les établissements. Ainsi, à la verrerie du Bief d'Étoz, les bois ne peuvent parvenir que lorsque les eaux sont hautes. Un arrêt du Conseil d'État du Roi de 1774, confirmant l'établissement de verriers au Bief d'Étoz, leur accorde notamment la priorité sur la verrerie de Blancheroche en cas d'inondation, ce dont les verriers de Blancheroche ne tiennent pas compte.

Au XVIIe siècle, la verrerie du Bief d'Étoz, créée à la fin du XVIe siècle, est la plus importante pour la production de verre à vitre. Elle fabrique également, surtout à partir de la Révolution, de la verrerie dite « d'assortiment » (verres à pied, flacons, salières, etc.), rehaussée de décorations gravées ou peintes.