mener l'eau de la source jusqu'à la fontaine n'est pas toujours aisé. Si l'installation d'une simple canalisation souterraine permet, le plus souvent, de régler la question, il faut parfois recourir à des infrastructures plus complexes, qui démontrent l'ingéniosité des architectes.

On relève dans le Doubs plusieurs exemples de machines hydrauliques destinées à jouer le rôle de pompes. Si l'on cite ainsi souvent celle de Montbéliard, construite dès la fin du XVIe siècle par l'architecte Schickhardt pour alimenter les fontaines du château et en service jusqu'au XIXe siècle, on connaît moins celle de Cendrey.

Située au sommet d'un contrefort montagneux, la commune de Cendrey doit faire venir l'eau nécessaire à l'alimentation de ses fontaines d'une source située au pied du village. Après avoir parcouru 245 m dans une conduite souterraine, l'eau est élevée au moyen d'une pompe que fait fonctionner une grande roue mue par l'eau du ruisseau de la Baume. Le projet, autorisé dès 1827, ne voit cependant le jour qu'en 1838 en raison d'un grave désaccord entre la commune et l'architecte Painchaux.
La commune n'est d'ailleurs pas au bout de ses peines : le fonctionnement de la machine est régulièrement altéré par les aléas climatiques et hydrauliques et nécessite de très fréquentes réparations. Dès 1867, on se met à chercher d'autres moyens d'alimenter les fontaines du village, notamment en utilisant une source située sur une commune voisine. L'aboutissement du projet, à la fin du siècle, sonnera le glas de la machine hydraulique, dont les pièces sont vendues en 1904.