uisque l'alimentation en eau est une dépense obligatoire, et lourde, des communes, il est bien naturel qu'elles en profitent pour marquer l'espace public. L'abreuvoir, le lavoir, le réservoir deviennent ainsi de véritables monuments qui structurent l'espace public.

Destinée à remplacer un équipement provisoire constitué de simples auges sans maçonnerie, la fontaine de Courtefontaine est une bonne illustration de l'évolution de ces édifices au XIXe siècle, notamment en matière d'esthétique.

Le projet, dû à Ducat, architecte bisontin également concepteur de la basilique Saint-Ferréol-et-Saint-Ferjeux, propose ainsi une synthèse entre l'utile et l'harmonieux, témoignant du savoir-faire de l'architecte et des moyens financiers de la commune. Ainsi, la halle, conçue d'abord pour protéger les lavandières des intempéries, constitue un symbole de la puissance communale, incarnée par la finesse de l'architecture retenue. Entièrement ajourée pour laisser passer la lumière, elle est composée d'élégantes arcades appuyées sur des pilastres et des colonnettes surmontées de chapiteaux. Des vitres étaient prévues pour les fenêtres de l'arrière. Le bâtiment abrite le lavoir, composé de bassins et de bancs en pierre destinés à accueillir quinze lavandières. À l'extérieur, l'abreuvoir, qui vient entourer la façade, témoigne de la stricte séparation des usages (laver son linge, abreuver les bêtes).
La statue de saint Laurent visible aujourd'hui au sommet de la pile de jet ne figurait pas dans le projet initial.