e XIXe siècle a vu se développer, en particulier dans le nord du département, le modèle de la mairie-lavoir. Cette appellation commode recouvre en réalité des bâtiments divers qui ont en commun de rassembler au moins ces deux fonctions dans une unique maison commune.

Constituée donc au minimum d'une salle du conseil et d'une fontaine, la mairie-lavoir peut également comprendre, comme à Châtillon-Guyotte, un local pour la pompe à incendie et des locaux affectés à l'école, ici une salle de classe et un logement pour l'instituteur. La salle principale est destinée à accueillir à la fois les élèves et le conseil municipal. On y trouve parfois aussi une cellule ou un cabinet d'archives. Les services utilitaires sont au rez-de-chaussée, les lieux de réunion ou le logement sont à l'étage.

L'édifice de Châtillon-Guyotte, très imposant, est destiné à équiper une commune qui ne comporte, en 1833, qu'une fontaine en ruine pour tout équipement public. Le projet présenté par Chevillet, architecte de Baume-les-Dames, est construit sur les ruines de cette fontaine. Il comporte notamment des bassins et bancs à laver en fonte.

Dès 1859, l'absence de salle dédiée pour l'assemblée municipale, l'exiguïté de la salle d'école et du logement, ajoutées au risque pour la santé des enfants (lié à l'absence de renouvellement de l'eau en période de sécheresse), poussent à chercher une autre solution. Si le déplacement de la fontaine semble d'abord acquis, c'est finalement l'école qui sera reconstruite ailleurs en 1862 (nécessitant la vente du quart de réserve pour acheter le terrain et financer la construction), la mairie demeurant sur place jusqu'à aujourd'hui.