u XIXe siècle, l'accroissement démographique, la fragilité des matériaux (les conduits entre la source et la fontaine sont souvent en bois) et le mauvais entretien contraignent les communes à reconstruire leurs points d'accès à l'eau et à les multiplier : chambres de sources (constructions maçonnées destinées à abriter une source), puits publics, réservoirs et fontaines fleurissent alors, notamment dans le Doubs.

La construction de l'abreuvoir de Myon, projetée déjà dix ans auparavant, n'est ainsi qu'un élément d'une vaste remise à plat de tout le système d'alimentation en eau de la commune. Ce projet comprend également la refonte de l'approvisionnement (reconstruction d'un réservoir, recherche de sources) ainsi que la construction de deux autres fontaines : un lavoir couvert, inclus dans un projet de maison d'école, et un lavoir-abreuvoir près du château.

L'architecte Painchaux, chargé d'établir le devis de l'ensemble, propose pour l'abreuvoir de la place publique un véritable monument, composé d'une vasque de pierre surmontée d'une colonne dorique et de deux bassins latéraux destinés aux animaux. Un escalier complète le tout, qui donne accès à la vasque. Le choix esthétique fait pour un équipement destiné à un usage aussi prosaïque (abreuver les bêtes) matérialise parfaitement ce qu'incarne ce type d'édifice, à la fois lieu de sociabilité, outil de salubrité et symbole de la puissance publique. L'abreuvoir et le lavoir couvert sont encore visibles aujourd'hui.